INTERVENTION DU DIRECTEUR GENERAL FABRICE HEYRIES
La rencontre de fin de journée avec les membres du CSE d'AG2R et le directeur général a débuté par un traditionnel tour d'horizon de l'actualité nationale avec les préoccupations qu'elle suscite ainsi que ses répercussions potentielles sur la vie du groupe.
À l'écoute des médias et à la lecture de la presse aucun élément véritablement inédit ou de nature à surprendre n'a toutefois été porté à la connaissance des participants.
Force Ouvrière a néanmoins tenu à faire entendre vos inquiétudes ainsi que les nombreuses interrogations qui traversent actuellement les équipes.
Pour la Direction générale, des sujets majeurs sont à l’ordre du jour : la prospection pour regrouper les sites de Brune, Levallois et Malesherbes ainsi que le siège de Domitys est très engagée et l’étude d’un rapprochement futur avec une mutuelle n’est pas à exclure.
S’agissant des pratiques et dispositifs techniques, la direction a rappelé que malgré des difficultés majeures rencontrées dans le cadre de la plateformisation via l’OSP, ainsi que les retards conséquents et désormais largement constatés, ces éléments ne remettent pas en cause le plan d'entreprise établi sur 6 années.
Une telle position ne manque toutefois pas de susciter une certaine perplexité. En effet, cette solution initialement présentée comme un vecteur de stabilité et de sérénité organisationnelle, tout en permettant au groupe de franchir un cap décisif en matière de qualité de service client afin de se différencier plus nettement de ses concurrents directs.

A cette occasion, force ouvrière a également relancé le débat relatif à la NAO 2026 auprès de la direction générale.
Au regard des communications externes récemment diffusées, nous estimons qu'il est difficilement concevable que les salariés ne bénéficient pas dans leur grande majorité d'une juste reconnaissance de leur engagement et de leur contribution au résultat de l'entreprise.
Par ailleurs, compte tenu du contexte économique et social actuel, il apparaît indispensable de réexaminer la position financière arrêtée par la gouvernance en décembre 2025.
Le pouvoir d’achat des salariés est dument mis à mal par les multiples hausses des prix de l'énergie ainsi que des biens de consommation courante. Cette inflation persistante fragilise considérablement les ménages dont les revenus peinent à suivre l'augmentation continue du coût de la vie.
Par conséquent, la demande initiale de force ouvrière relative à une clause de revoyure est pleinement légitime. L'intéressement ne saurait se substituer aux augmentations salariales qu'elles soient collectives ou individuelles.
EVOLUTION DE LA DIRECTION DES RISQUES OPERATIONNELS ET DE LA CYBERSECURITE
Force ouvrière s'étonne que ce projet fasse uniquement l'objet d'une information sans consultation préalable alors même que les documents présentés font apparaître la création d’une nouvelle direction ainsi que de nouvelles fonctions.

Par ailleurs des évolutions substantielles des métiers sont constatées ; quelques salariés expriment un sentiment de rétrogradation au regard des modifications envisagées dans leurs missions et leur positionnement.
Des salariés pourraient à la demande de leur manager élaborer en co-construction leur fiche de poste ! Pour Force ouvrière cela n’est pas envisageable !
Enfin force ouvrière souligne que notre organisation syndicale demande depuis plusieurs années l'ouverture d’une négociation relative à la pesée des emplois afin de garantir une reconnaissance équitable des fonctions et des responsabilités exercées
Si nous devions rendre un avis, il serait négatif pour toutes les raisons invoquées ci-dessus.
DECLARATIONS FORCE OUVRIERE AU NIVEAU DE LA BRANCHE
DECLARATION CONCERNANT LA NEGOCIATION SUR L'ANNEXE IV
La délégation FO prend acte du projet d’avenant transmis par la délégation des employeurs relatif à la révision des dispositions de l’annexe IV portant notamment sur la structure de la rémunération conventionnelle et certaines garanties salariales.
Si nous constatons à nouveau la proposition d’introduction d’une rémunération conventionnelle désormais structurée sur 14 mois au titre de l’allocation de départ en vacances, ainsi que la création d’un mécanisme minimal de progression salariale après plusieurs années sans évolution réelle, FO considère néanmoins que ce texte reste largement insuffisant au regard de la situation sociale et salariale vécue aujourd’hui par les salariés de notre branche.
La réalité est simple et incontestable : plusieurs niveaux de la grille des rémunérations minimales mensuelles garanties sont aujourd’hui inférieurs au SMIC applicable depuis le 1er janvier 2026. La classe 3 niveau A ne se situe qu’à quelques euros au-dessus du SMIC. Cette situation est inacceptable pour une branche qui prétend défendre un modèle social protecteur et solidaire.
Comment pouvons-nous continuer à promouvoir à l’extérieur les valeurs de protection sociale, de solidarité et de justice sociale portées par les groupes de protection sociale, tout en acceptant, au sein de notre branche, une grille salariale qui décroche progressivement du niveau de vie réel des salariés ? Pourtant, cette situation est loin d’être inédite.

FO refuse cette contradiction.
Nous refusons que les salariés de notre branche s’appauvrissent année après année sous l’effet cumulé :
- de l’inflation,
- de l’augmentation des dépenses contraintes,
- de la hausse du coût de l’énergie, du logement, des transports et de l’alimentation,
- et d’une politique salariale qui conduit progressivement à tasser à nouveau l’ensemble des classifications vers le niveau du SMIC.
Une branche comme la nôtre ne peut pas durablement fonctionner avec des minima conventionnels rattrapés, voire dépassés, par le salaire minimum légal.
Le sujet n’est donc pas uniquement celui de la mise en conformité des premiers niveaux de grille avec le SMIC. Le véritable enjeu est celui de la reconnaissance du travail, des compétences, des qualifications et de l’expérience de l’ensemble des salariés de la branche.
C’est pourquoi FO revendique :
- la revalorisation immédiate de l’ensemble des salaires minima conventionnels,
- l’application à toute la grille salariale de la même augmentation que celle appliquée au SMIC depuis le 1er janvier 2026, permettant à chaque salarié de vivre dignement de son travail. Pour mémoire, 1.18% au 1er janvier 2025, puis 2.41% au 1er juin 2026
FO rappelle qu’un salaire décent ne constitue pas une revendication excessive : il s’agit d’une exigence sociale minimale.
Nous considérons également que l’introduction d’un “14ème mois” par transformation de dispositifs existants ne saurait être présentée comme une avancée salariale suffisante si, dans le même temps, les rémunérations réelles continuent de perdre du pouvoir d’achat.
Les salariés attendent des mesures concrètes, lisibles et immédiatement perceptibles sur leur rémunération.
FO restera particulièrement vigilante quant aux suites données à cette négociation et continuera de porter avec détermination l’exigence d’une branche exemplaire socialement, cohérente avec les valeurs qu’elle défend publiquement.
Nous ne pouvons pas défendre la protection sociale pour tous sans commencer par garantir des salaires dignes à celles et ceux qui la font vivre chaque jour.
DECLARATION CONCERNANT LE PROJET D'ACCORD RELATIF AUX SALARIES EXPERIMENTES
FO prend acte de la transmission du projet d’accord relatif aux salariés expérimentés.
Nous constatons que ce texte reprend un certain nombre de principes généraux que nous partageons : lutte contre les discriminations liées à l’âge, valorisation des compétences, transmission des savoirs ou encore accompagnement des fins de carrière.
Toutefois, à ce stade, FO considère que le texte demeure largement insuffisant au regard des enjeux réels auxquels sont confrontés les salariés expérimentés de la branche.
En effet, le projet proposé repose principalement sur des rappels de dispositifs déjà existants et sur des formulations très peu engageantes pour les employeurs : « peuvent », « sont invitées à », « sont incitées à ». Or, les salariés attendent aujourd’hui des garanties concrètes et opposables.

FO avait porté des propositions ambitieuses et opérationnelles, notamment :
- amélioration effective des conditions de travail ;
- prévention réelle de l’usure professionnelle ;
- aménagement du temps de travail ;
- accompagnement renforcé des secondes parties de carrière ;
- maintien des droits retraite ;
- allégement des charges et portefeuilles pour les métiers exposés ;
- développement du télétravail senior ;
- accès renforcé à la formation et aux reconversions.
Nous regrettons que ces propositions ne soient pas reprises ou seulement de manière très marginale.
FO considère qu’un accord sur les salariés expérimentés ne peut pas se limiter à une déclaration d’intentions. Il doit produire des droits nouveaux, mesurables et concrets pour permettre :
- le maintien durable dans l’emploi ;
- la transmission des compétences ;
- la préservation de la santé au travail ;
- et une transition digne vers la retraite.
Nous souhaitons donc que la négociation puisse encore évoluer sur plusieurs axes majeurs :
- des engagements plus contraignants ;
- des dispositifs effectifs de prévention de l’usure ;
- des mesures d’allègement du travail ;
- des garanties sur les fins de carrière ;
- et des indicateurs de suivi précis permettant d’évaluer réellement les progrès réalisés.
FO poursuivra cette négociation avec la volonté d’aboutir à un accord utile, ambitieux et protecteur pour l’ensemble des salariés expérimentés de la branche.