NAO 2026 : QUAND DENI RIME AVEC QUE NENNI !
A la suite de la dernière lettre ouverte envoyée à la direction et en inersyndicale, nous vous en communiquons la réponse :
Messieurs les Délégués Syndicaux Centraux et Responsables des Sections Syndicales,
Je fais suite à votre lettre ouverte adressée le 30 mars dernier par laquelle vous sollicitez la réouverture des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) sur les salaires pour 2026. A l’appui de votre demande, vous invoquez les impacts de l’actualité nationale et internationale et une absence de reconnaissance de l’investissement des salariés au titre de la réussite du plan d’entreprise « Nouvelle donne » dans un contexte de lancement d’un nouveau plan stratégique.
S’agissant de l’évolution de la situation nationale ou internationale et de ses impacts, c’est justement l’un des points que nous avions mis en exergue auprès de vous dès le début des NAO sur les salaires 2026 autant qu’au cours de différentes réunions des Comités Sociaux et Economiques.
Nous avons ainsi partagé à différentes reprises avec vous la situation à laquelle le Groupe devrait faire face à l’avenir : celle d’évolutions de marché majeures, avec des impacts importants sur nos activités, dans un environnement économique et politique désormais instable et incertain de façon durable.
Une situation dont nous avons précisé qu’elle nous imposait de poursuivre une gestion rigoureuse de nos équilibres économiques et financiers tout en inscrivant nos actions dans une approche offensive pour saisir toutes les opportunités de croissance rentable et, tout à la fois défensive pour maintenir nos équilibres et développer notre compétitivité.
La politique salariale actuellement en cours de déploiement pour 2026 tient déjà compte de ce contexte évolutif tout en ayant vocation à reconnaitre l’investissement des salariés notamment via l’attribution par le management d’augmentations individuelles.
Notre politique salariale est par ailleurs complétée par un dispositif d’intéressement dont l’objet est aussi de reconnaitre l’engagement des salariés. Dès le 15 avril prochain, les salariés – ayant au moins 3 mois de présence sur l’année 2025 – seront ainsi informés de la prime d’intéressement dont ils bénéficieront au titre de l’exercice 2025 conformément aux dispositions des accords signés avec plusieurs organisations syndicales représentatives.
Après appréciation du niveau d’atteinte des objectifs fixés pour les indicateurs retenus dans les accords correspondants, le niveau d’intéressement versé à l’ensemble de nos collaborateurs de l’UES AG2R et de l’UES LA MONDIALE pour 2025, sera de très bon niveau soit équivalent, soit supérieur à 2024. Il intègre d’ailleurs le versement d’un bonus additionnel au titre de la dernière année du plan d’entreprise « Nouvelle donne » tel qu’il avait été défini dans le cadre des accords signés.
En conséquence et comme nous vous l’avons précisé au cours de la rencontre de l’intersyndicale des UES AG2R et LA MONDIALE du 25 février 2026, je vous confirme que nous ne procéderons pas à la réouverture des NAO sur les salaires pour l’année 2026.
Je vous prie de recevoir, Messieurs les Délégués Syndicaux Centraux et Responsables des Sections Syndicales, mes sincères salutations.
Claire SILVA
Pour Force Ouvrière la Direction du groupe vit dans un univers parallèle, où les lois de la physique économique et de la géopolitique n'ont visiblement pas cours. Tandis que le monde s'agite, que les prix flambent et que votre pouvoir d'achat fond comme neige au soleil, nos dirigeants excellent dans l'art délicat du déni.

Ils se dédouanent complètement !
Oui, mes amis, selon leur grille d'analyse (probablement rédigée à l'encre invisible sur un parchemin ancestral), tout ce qui se passe au niveau géopolitique et dans le contexte économique international est "exogène au groupe". Un mot chic pour dire : "Ça ne nous concerne pas, débrouillez-vous !" Peu importe que le coût de l'énergie explose, que l'inflation grignote vos salaires, ou que l'incertitude plane sur chaque foyer. Pour eux, c'est un problème qui vient "de l'extérieur", comme la météo ou la dernière saison de votre série préférée.
Le pouvoir d'achat ? Une vue de l'esprit !
Pourtant, même pour les moins connectés aux réalités, il semble évident que le pouvoir d'achat de chaque salarié est automatiquement impacté. Mais chut ! Il ne faut pas troubler la quiétude de nos décideurs avec des notions aussi triviales que le prix de votre baguette ou de votre plein d'essence. Après tout, il est bien connu que les employés sont des êtres immatériels qui se nourrissent de la vision stratégique de la Direction.
Force Ouvrière, le grain de sable dans la machine bien huilée du déni !
Face à tant d'aveuglement volontaire, Force Ouvrière, avec sa modestie légendaire, persiste et signe : nous exigeons la réouverture immédiate des négociations ! Il est, à nos yeux, absolument inadmissible que 80% des salariés soient "mis sur le carreau" pendant que la Direction joue les autruches de luxe.
Pour Force Ouvrière la réalité finie toujours par se manifester même face à la résistance la plus obstinée.
CARBURANT EN FLECHE : TELETRAVAIL OCCASIONEL AUX OUBLIETTES !
En ces temps bénis où le prix de l'essence flirte avec des sommets qui feraient pâlir un alpiniste tibétain (rappelons-le, le gazole a franchi les 2 euros le litre début mars 2026, et certains parlent même de 2,30 euros le litre !), et où chaque trajet domicile-travail se transforme en un douloureux pèlerinage pour notre portefeuille, Force Ouvrière a pensé à vous !
Devant l'envolée stratosphérique des carburants, qui fragilise notre pouvoir d'achat (qui ne l'était déjà pas des masses, avouons-le), Force Ouvrière, a eu une idée lumineuse, une véritable étincelle de génie ! Nous avons, le 7 avril 2026, héroïquement demandé une 3ème journée de télétravail exceptionnel ! Oui, vous avez bien lu ! Une journée de plus pour économiser les quelques centimes qu'il nous reste après avoir fait le plein ! N'est-ce pas merveilleux ?

Bien sûr, comme toute idée révolutionnaire, elle a été accueillie avec l'enthousiasme habituel de notre chère Direction... c'est-à-dire un silence assourdissant. Mais Force Ouvrière ne baisse jamais les bras (sauf pour signer des accords, parfois) ! Face à cette indifférence prévisible, et parce qu'écrire un manifeste est visiblement la dernière lubie à la mode dans le groupe, nous avons rédigé le nôtre !
Et quel manifeste, mes amis ! Un cri du cœur (et du porte-monnaie) que nous avons eu l'insigne honneur de lire lors du Comité Social et Économique (CSE) du 15 avril 2026. Attendez-vous à une lecture passionnante, pleine de rebondissements et de mots choisis avec la plus grande circonspection.
Alors, restez connectés, le texte intégral du manifeste est diffusé ci-dessous, pour que chacun puisse apprécier la profondeur de notre désespoir et la hauteur de nos revendications... ou du moins, la longueur de nos phrases.
En attendant, continuez à pédaler, à marcher, ou à faire du covoiturage avec votre voisin que vous détestez, car l'avenir s'annonce radieux... et très coûteux !
Force Ouvrière : Toujours là pour vous !
Madame SILVA,
Nous constatons avec une surprise à peine dissimulée – car nous sommes rarement surpris de nos jours – que nos précédentes interpellations concernant les modestes tracas des salariés face à l'envolée des prix du carburant et ou aux pénuries, semblent, pour une raison qui nous échappe encore, n'avoir pas trouvé le chemin de votre précieuse attention. Le mail d'Yves COUTANTIC concernant l’octroi à titre exceptionnel d’une journée supplémentaire de télétravail, sans doute égaré dans les méandres insondables de votre boîte mail, reste à ce jour sans la moindre réponse.
Mais ne vous inquiétez surtout pas ! Loin de nous l'idée d'abandonner si facilement. Inspirés par les brillantes présentations d'aujourd'hui, nous avons compris que la subtilité n'était peut-être pas la voie royale. Aussi, nous avons décidé d'opter pour une nouvelle méthode de communication, ô combien plus… percutante, nous l’espérons.
Nous aurons donc l'insigne honneur de vous adresser nos doléances sous la forme d'un manifeste. Et, cerise sur le gâteau, ce chef-d'œuvre littéraire prendra la forme d'un poème. Oui, un poème ! Qui plus est, une œuvre collective de Force Ouvrière, l'UNSA et SUD SOLIDAIRE. Nul doute que cette approche poétique saura captiver votre intérêt et, qui sait, peut-être même arracher une larme à l'œil des plus aguerri. Nous attendons avec impatience de voir si cette expression artistique, résolument moderne, parviendra enfin à se faire entendre.
Après tout, il s’agit d’« Agir pour soi, Agir pour les autres » n’est-ce pas ? Petit clin d’œil bien sûr !
Et donc :
L'essence flambe, le prix s'envole en flèche,
Chaque plein est une saignée qui nous blesse.
La route s'allonge, un fardeau chaque jour,
Mon portefeuille pleure, sans espoir de retour.
Le budget craque, c'est la fin du mois qui peine,
Un troisième jour serait la solution à ma peine.
Moins de gazole, moins de stress sur l'asphalte,
Pour que la misère nous broie, silencieuse et sans halte.
Mais au sommet, la vision est si lointaine,
Car à Paris, le métro rythme leur semaine.
Dans leurs bureaux vitrés, ils ne voient rien du sort,
De nos réserves vides, de nos maigres conforts.
Alors on attend, le cœur lourd, l'âme brisée,
Une reconnaissance, si simple, organisée.
Mais la direction sourit, absente de nos tourments,
Et le troisième jour s’effondre dans l’oubli lentement.
La direction a encore frappé ! Face à nos revendications légitimes pour plus de télétravail, la réponse fut un "NON" catégorique, assaisonné de prétextes aussi réchauffés que le café de la machine à 50 centimes.
- " Vos amis et familles ont-ils eu droit à plus de télétravail ou d'autres avantages ? " Ah, la belle question ! Mais ici, on nous sert quoi ? La bonne vieille rengaine du "comparer " mais uniquement quand les autres font moins bien. Force Ouvrière de l'UES AG2R est là pour défendre les droits de ces salariés et non de la terre entière !
- " Que faire face à vos collègues qui ne sont pas éligibles au télétravail ? " Excellente question ! On se la pose aussi ! Doit-on organiser un référendum interne pour savoir qui a le droit de respirer de l'air frais en dehors de ces murs ? Peut-être devrions-nous mettre en place un système de tirage au sort, avec un huissier et tout le tralala, pour attribuer le précieux sésame "journée télétravaillée". Ou alors, soyons fous, la direction pourrait peut-être réfléchir à rendre plus de postes éligibles, au lieu de brandir la division comme un bouclier.
- " Il est extrêmement important pour les équipes de maintenir un cadre propice aux échanges et au renforcement du collectif. Or il apparaît clairement qu'un recours trop large au télétravail ne permet pas d'atteindre pleinement cet objectif ". Là nous restons pantois, à vous d'appréciez cette argument !
Force Ouvrière n'a pas été signataire du dernier accord télétravail en autre pour le non respect des différentes possibilités offertes aux salariés. Comme par exemple le télétravail occasionnel. Occasionnel, vous avez bien lu ! Pas "jamais", pas "quand les poules auront des dents", mais bien "occasionnel". Un mot que la direction a visiblement omis de lire dans le dictionnaire.
Alors, chers collègues, ne nous laissons pas berner par ces faux-semblants et ces arguments fallacieux. La lutte continue pour un télétravail juste et équitable pour tous !
GPS COSMIQUE : FEUILLES DE ROUTE POUR LE VIDE SIDERAL...
Le 15 avril dernier, nous avons eu droit, lors de notre CSE, à une présentation complémentaires des feuilles de route du plan d'entreprise 2026-2028. La direction, dans sa grande sagesse, nous promettait monts et merveilles, des révélations et un cap clair pour les années à venir. Mais soyons honnêtes, qu'avons-nous retenu de cette grand-messe ?

Zéro scoop, niveau zéro de l'information !
Malgré les sourires et les nombreux powerpoints, nous avons péniblement constaté que les documents étaient... comment dire... d'une vacuité abyssale. "Y'a qu'à, faut qu'on" semblait être le mantra principal, avec une profusion d'objectifs ambitieux mais un vide sidéral sur les moyens concrets d'y parvenir. On nous a parlé de vision, de transformation, de croissance... mais sans jamais nous expliquer comment nous allions, nous, petites mains besogneuses, atteindre ces sommets.
Des nouveautés ? Quelles nouveautés ?
On nous a vendu du rêve, du changement, de l'innovation ! Mais en creusant un peu, on s'est rendu compte que les "grandes nouveautés" étaient souvent des redites de ce qui se fait déjà, ou des concepts si vagues qu'ils pourraient s'appliquer à n'importe quelle entreprise, n'importe quel siècle. L'impression générale est que le statu quo a juste été relooké pour l'occasion.
Les moyens ? Ah, les grands oubliés !
C'est là que le bât blesse. On nous fixe des objectifs toujours plus hauts, mais personne ne semble se soucier de la manière dont nous allons les atteindre. Avec quels effectifs ? Quelles ressources ? Autant de questions restées sans réponse, nous laissant avec l'amer sentiment que l'on attend de nous de faire toujours plus avec, comme d'habitude, toujours moins.
Alors concrètement, on fait quoi ?
On applaudit poliment ? On hoche la tête avec un air entendu ? Ou on se demande si la direction a réellement un plan, au-delà des belles paroles et des slides colorés ? Il est grand temps de demander des précisions, et surtout, des engagements concrets pour que ces "feuilles de route" ne finissent pas à la corbeille des bonnes intentions.
Le rayon de soleil : la com' !

C'est encourageant de constater que, même face à des défis stratégiques, des points lumineux émergent ! La présentation a mis en évidence l'importance capitale accordée à la stratégie de communication de marque, à la publicité et au sponsoring. Cet accent marque une volonté de renouveau et de modernité pour l'entreprise. Il est clair que cette approche dynamique vise à renforcer notre visibilité et à projeter une image innovante, essentielle pour notre développement futur. Cela témoigne d'une ambition de positionner l'entreprise de manière forte sur son marché, en s'appuyant sur des leviers de croissance externe solides.